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|  | | Small Distortions | |
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|  | | Le nom de l’artiste et la pochette pourraient laisser penser que nous sommes en présence d’un énième groupe de “nouvelle chanson française” vaguement décalé, ou d’une autre chanteuse de pop indé lo-fi en franglais… Il n’en est rien ! Car derrière ce patronyme trompeur de La Femme Verte se cache en réalité un étonnant projet du musicien et compositeur Jean-Marc Lederman (collaborateur de Fad Gadget, The The, The Weathermen ou Bashung), qui a réuni autour de lui un casting de voix qui nous sont relativement familières : Julianne Regan (All About Eve), Jay Aston (Gene Loves Jezebel), Bertrand Burgalat, Vincent Liben (Mud Flow) ou les deux membres de Dark Poem… Certainement inspiré par la démarche de Nouvelle Vague, La Femme Verte met ces chanteurs et chanteuses au service de reprises de chansons qui, là encore, parleront tout particulièrement aux habitués de Prémonition.fr : Hurt (Nine Inch Nails), Enjoy the Silence (Depeche Mode), Being Boring (Pet Shop Boys), Where the Wild Roses Grow (Nick Cave) ou Falling (Julee Cruise). À côté de cette sélection séduisante, on trouve quand même quelques classiques plus “institutionnels”, tels que Moonlight Mile (The Rolling Stones), Perfect Day (Lou Reed) ou Me and Mrs Jones (Billy Paul). En général, ce type de projet est très excitant sur le papier, mais beaucoup moins sur disque. Dans le cas de “Small Distortions”, on dira que l’exercice est réussi aux trois quarts… Sur la longueur, le CD possède en effet une indéniable cohérence au niveau du son et des ambiances, en choisissant systématiquement de revisiter les originaux de façon plutôt intimiste, dépouillée et atmosphérique, le tout agrémenté de bidouillages électroniques –ce qui n’est pas sans évoquer le travail de Martin Gore sur ses deux “Counterfeit”. Ainsi, certaines versions sont réellement inspirées et accrocheuses, tandis que d’autres sont moins convaincantes mais restent intéressantes : par exemple, si Hurt version Julianne Regan ne possède pas l’intensité émotionnelle de l’original (ni de la reprise par Johnny Cash), la relecture de Where the Wild Roses Grow est particulièrement belle et sombre –grâce à la sensualité troublante de Sophie Veldeman (Dark Poem) et à la voix inquiétante de Samdevos. On pourrait multiplier les exemples, en citant l’agréable Being Boring, le délicat Perfect Day, le mitigé Falling (à moitié traduit en français) ou l’anecdotique Enjoy the Silence… Mais on se contentera de dire que l’ensemble est d’une qualité globale au-dessus de la moyenne, en s’avérant plus audacieux, inventif et homogène que la grande majorité des disques de reprises. Un disque original et attachant, qui donne bien évidemment envie de réécouter les originaux, mais que l’on a aussi plaisir à écouter de bout en bout juste pour lui-même –ce qui est suffisamment rare pour être noté dans ce type de projets… |  | | Christophe Lorentz |  |
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