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|  | | Mantaray | |
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|  | | Alors que l'on attendait un nouvel album des Creatures qui aurait fait suite au "Ha!" de 2003, voici que c'est un véritable opus solo de Dame Siouxsie qui apparaît en fait dans les bacs. Séparée de Budgie (à la ville comme à la scène), Siouxsie Sioux a choisi de dévoiler ici toute l'étendue de ses talents de compositrice ainsi que l'éclectisme de ses goûts musicaux. Le génial Into a Swan et l'incisif About to Happen ouvrent l'album de façon percutante, célébrant le retour des guitares qui avaient disparu de ses efforts discographiques depuis la séparation des Banshees. Par la suite, la diva de l'after-punk louvoie entre exercices jazzy très évocateurs (Here Comes That Day, Drone Zone, Heaven and Alchemy), titres pop crépusculaires (Loveless, If It Doesn't Kill You) et des "curiosités" telles que le lunaire Sea of Tranquility, le chamarré They Follow You et le percussif One Mile Below, seule chanson qui aurait pu être un titre des Creatures. Bref, on sent bien que Siouxsie a porté une attention particulière à chaque morceau, puisqu'aucune des dix chansons ne fait office de remplissage ou ne s'avère bancale... "Mantaray" est donc une éclatante réussite, ainsi qu'une véritable cure de jouvence pour une artiste qui est loin d'avoir tout dit ! |  | | Christophe Lorentz |  |
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|  | | 120 Days | | [Smalltown Supersound/Differ-Ant] | |
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|  | | Nouveau venu sur le versant le plus crépusculaire de la scène électronique européenne, le quatuor norvégien 120 Days navigue entre electro-punk minimaliste à la Suicide, cold-wave analogique lancinante et krautrock synthétique à la Kraftwerk, le tout nimbé d'un psychédélisme polaire et hypnotique pas très éloigné de certains morceaux de Primal Scream. Basse omniprésente, chant distancié et traînant (à l'anglaise, donc), effets spatiaux, nappes de claviers enveloppantes et mélodies brumeuses : les longues compositions de ce jeune combo ont un pied dans les années 70, un pied dans les 80's et la tête pleine de la noisy-pop dansante des 90's ; on ne s'étonne pas d'ailleurs de savoir que les petits gars de 120 Days sont des proches des excellents shoegazers norvégiens de Serena Maneesh. Même s'il demeure ultra référencé, le contenu de ce premier album très réussi n'en est pas moins cohérent et fort séduisant. On n'utilisera peut-être pas forcément le terme fort galvaudé de "révélation", mais on est quand même très impatients de connaître la suite... et de les voir sur scène ! |  | | Christophe Lorentz |  |
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|  | | Weird News from an Uncertain Future | |
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|  | | Il faut bien avouer que chaque nouveau projet de Jean-Luc De Meyer a toujours, invariablement, réussi à attirer, et surtout à retenir, notre attention. Aux commandes de Cyber-Tec, C-Tec, Cobalt 60, Modern Cubism ou aujourd'hui 32crash, l'énergumène, avec ce flegme singulier qu'on lui connaît, combine avec de plus en plus de maîtrise les années passant, dérision et sérieux, avec une apparente nonchalance, dissimulant derrière la fausse désinvolture qui le caractérise un travail qu'on imagine forcené. Ce Géo Trouvetout du verbe, aux prestations scéniques psychotiques, est, on le sait, plus passionné par les mots et les vers que par les sons. Le schéma directeur de chacun des projets du garçon est clair : une mise en avant de sa voix, toujours extrêmement appliquée et aux accents addictifs, et bien entendu de ses mots, travaillés avec un soin qu'on imagine un rien dément ; deux éléments majeurs qui s'associent à des compositions qui deviennent de fait toujours secondaires. Avec 32crash, ce modus operandi est parfaitement respecté et Jean-Luc De Meyer s'est sans nul doute investi une fois de plus corps et âme dans le projet ; ses prestations, sur des titres comme Spacemen and Poets, Hérissons et Porcs-Épics, wwwHide, Plutonian Breeders ou Slow Crash, sont véritablement exceptionnelles. Mais en ce qui concerne les gamins qui ont osé s'atteler à l'habillage des chansons du maître, ils n'ont malheureusement pas été à la hauteur ; ceux-ci se sont, au mieux, peut-être mis en retrait pour ne pas lui faire d'ombre. Issus d'Implant et de Vive La Fête, les renégats sont ici de ceux qui prennent en location un synthé sans vérifier que la notice a été sérieusement traduite. Le résultat est... parfois amusant, mais surtout énervant. La musique est bien trop souvent scotchée au chant (Propaganda, Beware, NTT) sans aucune surprise ni imagination, le suivant d'une façon totalement linéaire, synchronisée à la seconde près comme le ferait un musicien amateur improvisant en une seule prise... Derrière un prétendu minimalisme rétro, on baigne plutôt dans un dépouillement parfois incompréhensible. Affranchi depuis bien longtemps de Front 242, on sait que Jean-Luc De Meyer est tout à fait capable de réaliser LE disque, celui que Front ne parvient pas à sortir. Celui-ci aurait pu -aurait dû- l'être, il en avait clairement le potentiel. Souhaitons que LA rencontre qu'on lui souhaite se fasse avant que lui ne se lasse. |  | | Christophe Labussière |  |
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|  | | The Bird & the Bee | |
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|  | | Ils ne sont que deux, The Bird and the Bee, ils viennent de Californie, et publient leur tout premier album éponyme qui possède dix fois la force du meilleur antidépresseur disponible sur le marché. Lui, c'est Greg Kurstin, musicien surdoué de jazz et compositeur/producteur des Flaming Lips ou encore de Peaches. Elle, c'est Inara George, fille du leader du groupe des années 70, Little Feat. "The Bird & The Bee" (le disque) contient dix chansons aussi candides que simples, aussi efficaces qu'adorables. Dix titres comme autant de souvenirs ensoleillés que l'été 2007 n'a pas voulu nous offrir. Les mélodies s'appuient sur l'insouciance des années 60, ici transformée en thérapie contre les déprimes des années 2000. Même les insultes comme F*cking Boyfriend sont scandées avec une douceur déconcertante, avec un sourire que l'on imagine un rien coupable. Grâce à un choix d'arrangements et d'instrumentations en marge de toutes les productions actuelles, la magie fonctionne à merveille, et l'on est transporté quelque part entre un Lush auquel on aurait coupé l'électricité et les bricolages sans âge de Stereolab, combinés à la douceur de Dubstar. "The Bird & The Bee" est un vrai délice qui chasse les idées noires à chaque écoute, et procure l'irrésistible envie de s'y replonger immédiatement. Un excellent premier album. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Enjoy the Fall | |
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|  | | Moins d'un an après la sortie du dernier album de Seabound, Frank Spinath, cette fois accompagné de Mario Schumacher, revient sur le devant de la scène electro avec le premier album d'Edge of Dawn. Cousin peut-être un peu moins complexe et plus direct de Seabound, le point commun entre les deux formations est évidemment la voix si personnelle de Mr. Spinath, belle contribution au renouvellement du genre electro, et son mixage si malin avec les effets variés et imaginatifs de vocoders en tous genres. Plusieurs morceaux sont vraiment offensifs, à l'image de Black Heart, The Flight (Lux) et The Nightmare I Am, tandis que d'autres, plus lents, invitent plus à la méditation, comme le très sombre Descent et le plus humain Beauty Lies Within sur lequel les samples de guitare aérienne se mêlent harmonieusement aux rythmiques électroniques et aux nappes synthétiques emplies de mélancolie. Après un premier EP dont plusieurs morceaux sont ici présentés dans leur version originale, Edge of Dawn s'impose, avec douze titres très variés et fort bien produits, comme le digne frère de Seabound. Voilà un nouveau groupe electro à surveiller de près, même après la liquidation de son label Dependent. |  | | Stéphane Colombet |  |
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|  | | The Room | |
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|  | | Curieuse démarche que celle de Necro Facility, jeune duo surdoué de l'électro-indus d'obédience canadienne, mais pourtant, d'origine suédoise. Après le sans-faute de leur premier LP, "The Black Paintings", sorti en 2005, leur politique de mimétisme s'est resserrée d'un cran sur le second album, "The Room", alors que la bienséance espérait un virage plus personnel. Car, si les deux protagonistes se sont métamorphosés (exit les cravates sages remplacées par du piercing), leur compositions ne s'éloignent jamais beaucoup de celles du Skinny Puppy d'avant "The Process", à l'instar de la pochette que l'étourdi confondra avec celle de "Vivisect IV". Seulement voilà, la production est parfaite, les titres sont accrocheurs (Tuxedo , The Box , Dogma , Kite , Jigsaw), la technologie est outrageusement maîtrisée, et il faut reconnaître que "The Room" tient carrément la route, de l'introduction du court Fever Eyes jusqu'au finish de Ragdoll. Délicieuse et provocante, l'ivresse est au rendez-vous, et elle attend les fans déçus par l'orientation prise par le chiot canadien depuis son retour avec "The Greater Wrong of the Right". Les autres devraient aussi y trouver leur compte. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  |  |  |  | |  | Alors que la France est en train de découvrir le très réussi "Shut Up I Am Dreaming" de Sunset Rubdown plus d'un an après sa sortie à Montreal, nous préférons vous parler directement de son nouvel album qui sort ces jours-ci sur le label local Jagjaguwar. Nommé Random Spirit Lover [Jagjaguwar], il est encore meilleur que son prédécesseur et nous offre une nouvelle salve de bidouillages pop-folk grandioses, complexes et habités. Pour ceux qui prennent le train en marche, on a affaire ici au génial Spencer Krug, pilier de Wolf Parade et membre de Frog Eyes, qui a voulu se lancer dans un projet solo, devenu au fil des mois un groupe à part entière, et un des grands noms de cette formidable scène indé montréalaise, si passionnante à suivre depuis notre vieux continent.
Du côté de Seatle, Ben Bridwell, le chanteur de Band of Horses, n'a également pas vraiment chômé ces derniers mois : après avoir recruté un tout nouveau groupe, il est sur le point de révéler Cease to Begin [Sub Pop], le digne successeur du magnifique "Everything All the Time" sorti l'année dernière. Mêmes ingrédients, même recette, sa voix eraillée est toujours aussi touchante, et les lourdes guitares rock de ses hommes de main occultent bien vite les ambiances country/folk qu'on peut entrevoir de temps à autre dans son univers. Un second grand cru dans nos caves, donc.
Et pendant ce temps chez nous, dans un autre registre musical, mais avec tout autant de réussite, sort Waiting Room [Kill The DJ], le très attendu premier album de Chloé, la DJette emblématique du label Kill The DJ et du regretté club parisien le Pulp. On appréciait déjà ses envoûtants mixs d'electro minimale dark et downtempo, et on savait que ses quelques compositions (notamment le poisseux et tubesque Take Care de 2005) laissaient également augurer du meilleur : et bien le meilleur, justement, est bel et bien arrivé puisque son album est un grand disque d'electro glaciale, dans lequel on retrouve également des influences et sonorités coldwave, pop ou folk. En quelque sorte le "Seventeen Seconds" de l'electro minimale. |  | | Renaud Martin |  |
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