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|  | | The Minus Touch | |
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|  | | Infatigable, Edward Ka-Spel. Comme à chaque nouvel enregistrement d’un album avec son groupe, le chanteur en profite pour s'atteler en parallèleà un nouveau disque solo ; cette fois-ci, ce sera "The Minus Touch". La production est comme toujours minimaliste, et, pour la première fois depuis très longtemps, on en arrive à la conclusion que ce disque est bien meilleur que le récent Legendary Pink Dots qu'il est censé accompagner. C'est à ce point la Bérézina dans le camp Dots. La musique expérimentale du grand Edward, qui confine généralement à la folie et rebute souvent de prime abord, a d’ordinaire tendance à renvoyer l'auditeur à sa collection des disques majestueux des Legendary Pink Dots. Mais, contre toute attente, ce nouvel album fait figure de bouffée d'air frais face à la claustrophobie permanente du "Seconds Late For the Brighton Line" d'un groupe en panne d'inspiration et dont les membres prennent la fuite les uns après les autres avant le naufrage malheureusement prévisible. Disque aéré et pas toujours sérieux, ni trop cérébral, "The Minus Touch" sort du studio à la rencontre d’un troupeau de moutons à la fin de Man or Mouse, puis se fait rattraper par des mouches sur The Twisting Vines in Your Sick Mind, qui s’affirme comme le titre le plus expérimental de l’album. La véritable cerise sur le gâteau se trouve à la toute fin, avec la version studio de Kill It. Un de ces titres semi improvisés interminables qui font le bonheur de milliers de fans qui ont pu assister à des lives à géométrie variable des concerts des Legendary Pink Dots au cours des années 2000. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Penny Sparkle | |
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|  | | Hébétude hivernale... on s’est replié sur le dernier Blonde Redhead, partiel microclimat d'une discographie qui ne nous a jamais passionnés. Les écoutes de leurs anciens albums se sont même littéralement effacées de notre mémoire comme si le Di Caprio d'"Inception" et sa bande de reblochons informatiques s'étaient infiltrés dans nos rêves pour nous sommer d'oublier le groupe, en vue de quelle manipulation macro-économique, on se le demande toujours. Que reproche-t-on vraiment à nos trois amis (figure de style) ? Principalement d'œuvrer dans le criard-sirupeux, d'écrire des chansons moches et jetables, de poser à la doublure lumière de Sonic Youth en vraiment moins bien. C'est qu'on est cruel, hein ? Les défenseurs de Blonde Redhead opposeront la vénérable durée de vie du groupe qu'on attribue pour notre part non pas à ses qualités musicales proches de l'inexistence mais à un certain attrait visuel qui se dégage de la réunion "latin-lovers jumeaux + japonaise bien constituée". Un côté l'Empire des Sens meets Rocco et ses Frères qui peut agir sur les complexions fragiles et/ou libidineuses. Imaginons à la place une Iranienne en tchador entourée de deux Turkmènes se commettant dans un pastiche de My Bloody Valentine, sous le nom de Brune Auburnface (ne pas prononcer à la française) : qu'adviendra-t-il donc ? Un , deux albums et basta. Mais non, dans le cas qui nous préoccupe, c'est quinze ans de carrière que couronne ce "Penny Sparkle". Et là, étonnement, on l'écoute avec un vrai plaisir. Blonde Redhead a viré ramollo et changé de tuteur -désormais les Cocteau Twins, groupe selon nous infiniment plus intéressant que Sonic Youth, dont à peine trois albums sortiront ragaillardis du Styx... mais on s'égare. "Penny Sparkle" donc , gloomy comme un dimanche de ravaudage sous la lampe avec la pluie qui tambourine à la fenêtre sans double vitrage. Beats flagada (à l'anglaise, thanks !), vague à l’âme en intraveineuse et mélodies soignées à l'hôpital de jour. Pas grand-chose, à bien considérer, et pourtant une révolution copernicienne : on fredonne My Plants are Dead, et le magnifique Love or Prison nous fait chavirer avec sa basse Badalamenti. Changement de vie à prévoir : au prochain disque, on s'offre l'épluche-légumes Blonde Redhead. |  | | Christophe Despaux |  |
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| |  | Le field recording est une discipline qui intéresse difficilement le plus grand nombre, car bien souvent ces (trop) longues captures de sons sauvages dans des endroits insolites paraissent au mieux farfelues, au pire dénuées de tout intérêt aux oreilles des auditeurs les plus chevronnés. Et pourtant, deux artistes l’insufflant dans leur musique (ou l'inverse) nous ont conquis cet automne. Dirk Geiger tout d'abord, avec son impeccable "Autumn Fields", chargé d'émotion et de poésie, tout en finesse, capturant les masses humaines et les transformant en respiration dans sa propre musique. Un hall de gare, une galerie commerçante, allez savoir... Le fait est que la foule respire et fourmille dans ce disque. L’allemand rajoute ensuite des plages d'ambient par empilement de couches successives d’électronique et d’instruments traditionnels. Nebulo, ensuite, avec "Artefact", son troisième album. Si la technique et la démarche sont semblables, le résultat est en revanche aux antipodes de celui de "Autumn Fields". Nebulo reste aussi confiné en milieu urbain, comme s'il avait planté ses meilleurs micros au coeur d'une mégalopole démesurée, mais vide d’âmes, s’appliquant à contempler et enregistrer la froideur des blocs de béton et des buildings, alors que Dirk Geiger sillonne la cité pour promener ses compteurs à la recherche de ses concitoyens. L’un travaille le matériau, l’autre enregistre la foule qui s’y déplace et y vit. Pour une immersion totale, le port du casque est bien entendu de rigueur. |  | | Bertrand Hamonou |  |
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|  | | Small Distortions | |
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|  | | Le nom de l’artiste et la pochette pourraient laisser penser que nous sommes en présence d’un énième groupe de “nouvelle chanson française” vaguement décalé, ou d’une autre chanteuse de pop indé lo-fi en franglais… Il n’en est rien ! Car derrière ce patronyme trompeur de La Femme Verte se cache en réalité un étonnant projet du musicien et compositeur Jean-Marc Lederman (collaborateur de Fad Gadget, The The, The Weathermen ou Bashung), qui a réuni autour de lui un casting de voix qui nous sont relativement familières : Julianne Regan (All About Eve), Jay Aston (Gene Loves Jezebel), Bertrand Burgalat, Vincent Liben (Mud Flow) ou les deux membres de Dark Poem… Certainement inspiré par la démarche de Nouvelle Vague, La Femme Verte met ces chanteurs et chanteuses au service de reprises de chansons qui, là encore, parleront tout particulièrement aux habitués de Prémonition.fr : Hurt (Nine Inch Nails), Enjoy the Silence (Depeche Mode), Being Boring (Pet Shop Boys), Where the Wild Roses Grow (Nick Cave) ou Falling (Julee Cruise). À côté de cette sélection séduisante, on trouve quand même quelques classiques plus “institutionnels”, tels que Moonlight Mile (The Rolling Stones), Perfect Day (Lou Reed) ou Me and Mrs Jones (Billy Paul). En général, ce type de projet est très excitant sur le papier, mais beaucoup moins sur disque. Dans le cas de “Small Distortions”, on dira que l’exercice est réussi aux trois quarts… Sur la longueur, le CD possède en effet une indéniable cohérence au niveau du son et des ambiances, en choisissant systématiquement de revisiter les originaux de façon plutôt intimiste, dépouillée et atmosphérique, le tout agrémenté de bidouillages électroniques –ce qui n’est pas sans évoquer le travail de Martin Gore sur ses deux “Counterfeit”. Ainsi, certaines versions sont réellement inspirées et accrocheuses, tandis que d’autres sont moins convaincantes mais restent intéressantes : par exemple, si Hurt version Julianne Regan ne possède pas l’intensité émotionnelle de l’original (ni de la reprise par Johnny Cash), la relecture de Where the Wild Roses Grow est particulièrement belle et sombre –grâce à la sensualité troublante de Sophie Veldeman (Dark Poem) et à la voix inquiétante de Samdevos. On pourrait multiplier les exemples, en citant l’agréable Being Boring, le délicat Perfect Day, le mitigé Falling (à moitié traduit en français) ou l’anecdotique Enjoy the Silence… Mais on se contentera de dire que l’ensemble est d’une qualité globale au-dessus de la moyenne, en s’avérant plus audacieux, inventif et homogène que la grande majorité des disques de reprises. Un disque original et attachant, qui donne bien évidemment envie de réécouter les originaux, mais que l’on a aussi plaisir à écouter de bout en bout juste pour lui-même –ce qui est suffisamment rare pour être noté dans ce type de projets… |  | | Christophe Lorentz |  |
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|  |  |  |  | |  | Duo issu de Montreal, No Joy nous replonge avec Ghost Blonde [Mexican Summer], pour notre plus grand plaisir, mais sans surprendre le moins du monde, dans les contrées shoegaze des early 90's. De voix éthérées ou fantomatiques en élans noisy ou vaporeux, il crée son petit effet et impose un opus agréable qui, s'il ravira les fans du genre, n'engendrera aucune nouveauté. On s'entiche de ces morceaux brumeux, mais la formule, maintes fois pratiquée en ces temps de revival lié au style concerné, est maintenant quelque peu éprouvée. Bon album donc, qu'on aurait apprécié agrémenté d'initiatives plus marquées. Ces initiatives, les demoiselles de Warpaint les prennent sur leur The Fool [Rough Trade] gracile, bien équilibré, entre douceur pop mâtinée de post-rock et échappées plus rock, en dotant l'ensemble de touches cold bienvenues. Des voix associées produisent elles aussi de belles sensations, appuyées par des guitares nerveuses, et l'opus vient s'ajouter à la liste des révélations de cette fin d’année 2010. Il risque même de faire date tant le contenu s'avère solide et porteur d'une pluralité climatique qui en fait un incontournable, doublé d'un premier jet de haute volée. On retrouve les mêmes émotions pop chez ILikeTrains, auteurs d'un He Who Saw the Deep [ILR] distingué, aux vocaux désabusés qu'étayent des trames finement ciselées, probantes tant dans leurs tranquilles attitudes que lorsqu'elles montent en intensité et gagnent en rudesse rock. La splendeur du tout plaide en faveur des protégés du label bordelais Talitres, et le groupe se hisse, en termes d'ambiances et de qualité musicale, au niveau d'un The National... dans ses meilleurs moments. Les Smashing Pumpkins effectuent un retour à prendre en considération sur les quatre titres de Teargarden by Kaleidyscope, vol.2 [Rocket Science], où leur pop-rock teintée d'electro fait mouche et affiche un bel allant, de même que des mélodies soignées, et sur lequel on retrouve la voix caractéristique de Billy Corgan et le mordant qu'on connaît à nos Citrouilles préférées. Électriques, en certaines occasions plus sobres, saccadés ou plus directs, Billy et sa nouvelle équipe laissent donc augurer d'une suite de belle facture, et aiguisent notre impatience, dont nous ne doutons qu'elle sera satisfaite à l'heure des sorties à venir. |  | | William Dumont |  |
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