Sur un thème classique de science-fiction, un monde où tout est contrôlé par une reine sans humanité, de la naissance à la mort de chaque individu, où tout ce qui est naturel est proscrit, où la génétique est totalement maîtrisée, un noyau de résistance souterrain, "Les Objecteurs", tente de renverser un système tyrannique sans âme. Sans plus entrer dans le détail de cette trame où tout se précise et se définit au fil des pages, on s'attardera avant tout sur l'univers visuel et graphique de Fred Beltran, dessinateur exceptionnel qui manie l'outil informatique avec maestria. Chaque case de cette bande dessinée offre un soin et un luxe de détails absolument étonnant. La couleur et le relief des personnages et de l'environnement sont stupéfiants de réalisme. Rarement les "décors", les éléments d'arrière plan, même secondaires au déroulé de l'histoire, ne se seront vu portés autant d'attention de la part du dessinateur. Au départ, chaque élément est travaillé de façon autonome en 3D et en 2D dans un format grande taille, et intègre au dernier moment une scène, un arrière plan, en étant réduit à la taille nécessaire. Le procédé offre un résultat d’une grande précision. C'est cette attention toute particulière qui fait véritablement l'originalité et l'intérêt de "Mégalex". Et si le premier tome "L'Anomalie", bien trop court, nous avait laissés sur notre faim, "L'Ange Bossu" met plus précisément l'histoire en place et nous familiarise avec l'univers et les acteurs de Megalex. Souhaitons que Jodorowsky affine encore son scénario et que Beltran continue à prendre le plus grand soin à réaliser ses dessins, ce qui malheureusement devra nous faire patienter d'autant plus longtemps entre chaque épisode. |