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|  | | On n'y croyait plus tant le temps fût long avant de découvrir notre super-héros préféré sur grand écran. On avait gardé un vague souvenir d'une adaptation audio-visuelle bien pauvre à la fin des années 70. On se souvenait surtout d'images magiques de la bande dessinée créée en 1963 par Stan Lee pour Marvel Comics et de quelques jolis passages du dessin animé. Il faut reconnaître que les prouesses physiques du plus humain des super-héros devaient être difficiles à concevoir et à filmer pour le cinéma. Un vrai pari aussi esthétique que technique voire technologique, la difficulté majeure consistant à faire évoluer le personnage entre les gratte-ciels new-yorkais en plein jour, dans la plupart des scènes. Pari parfaitement tenu, à coup d'alternances brillantes d'images de synthèse et de prises de vue réelles, par un Sam Raimi ("Darkman", "Un plan simple" et surtout "Evil Dead") pas du tout embarrassé par la responsabilité d'un tel blockbuster, doublé d'un véritable culte voué à la BD d'origine. Ce nouveau Spider-Man remporte la manche dans tous les compartiments du jeu, aussi bien d'ailleurs dans des scènes d'action sensationnelles que dans des passages intimistes d'une rare sensibilité pour ce type de films. Moins clownesque que Batman et plus abouti que X-Men, Spider-Man voit sa réussite naître de sa fidélité à l'œuvre de Stan Lee (apparaissant d’ailleurs en clin d'œil dans le film), et plus encore de son humilité, à l'image de Tobey Maguire qui incarne un Peter Parker particulièrement bien casté, un adolescent (le premier dans l'histoire des super-héros) anonyme parmi les anonymes, choisi par le destin pour sauver le monde et fort embarrassé par cette lourde tâche. Quant à Willem Dafoe en explosif Bouffon Vert, il n'a rien à envier au sourire Nicholsonien du Joker de Burton. Aussi terrifiant qu'humain. En bref, une magnifique adaptation qui réveillera tous les adolescents qui sommeillent en chacun de nous. |  | | Stéphane Colombet |  |
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