| Poppy Z. Brite est, qui l’eut cru, une fan inconditionnelle des Beatles. Comme le confirment "Plastic Jesus" et "Coupable", publiés coup sur coup au Diable Vauvert, bien des litres d’absinthe ont coulé sous les ponts depuis son premier roman "Âmes Perdues", ou les déambulations nocturnes de vampires goths dans la très vénéneuse Nouvelle Orléans, qui lui ont valu l’encombrante étiquette "d’écrivain gothique". Fini, donc, les vampires et autres serial killers nécrophiles, même si celle qui a toujours affirmé être "un homme gay dans un corps de femme" n’en garde pas moins ses obsessions favorites : New Orleans, l’érotisme gay, la drogue et les contre-cultures. "Plastic Jesus" est un roman court né d’un vieux fantasme adolescent : et si John Lennon et Paul Mc Cartney avaient été amants ? Un exercice de style mineur mais distrayant (avec une traduction honnête-mais-sans-plus signée Virginie Despentes), illustré par l’auteur elle-même, et qui lui fait d’avance craindre les foudres de la mafia internationale des fans des Beatles. "Coupable", en revanche, est un revigorant recueil d’essais, de chroniques et de notes de voyages dans lesquels Poppy nous livre son point de vue acide et décalé sur des sujets aussi divers que l’art, la décadence, la sexualité, l’esthétique de la violence, les meilleurs coffeeshops d’Amsterdam, la littérature underground ou les perversités du système de santé américain (!). Une "légitime démence" qui ravira tous les inconditionnels de Poppy Z. Brite et nous plonge dans l’univers intime d’un auteur riche et résolument anticonformiste, bien décidée à sortir du placard de la littérature de genre -son prochain roman se déroulerait dans les cuisines d’un grand restaurant de la Nouvelle Orleans… |