Un dessin hyper coloré, une ambiance cyberpunk, des décors futuristes et des perspectives souvent vertigineuses, on plonge dès les premières pages dans un univers propre aux comics. De l'action, des mouvements et des déplacements au dynamisme si "typé", c'est dans l'univers manga que l'on pénètre immédiatement. "Les Poussières de l'Infini" est pourtant une production totalement française mais qui jongle brillamment entre ces deux "écoles". Et si l'on rajoute à ces spécificités américaines et japonaises un mode de narration assez original, basé sur une construction hachée qui rend la lecture vraiment haletante (un nouveau personnage et un nouvel angle de l'histoire se présentent quasiment toutes les deux pages), on obtient un résultat particulièrement étonnant. Malheureusement, à la 48ème (et dernière) page de l'album, tous les éléments de départ de l'histoire ne nous ont pas encore été dévoilés. Même si l'on s'est depuis longtemps résigné aux interminables séries diluées sur plusieurs volumes, c'est quand même ici au beau milieu de la mise en place de l'intrigue que l'album s'interrompt... Nous sommes en 2087 et la criminalité est au premier plan de la préoccupation du gouvernement qui souhaite recenser toute la population grâce à son ADN et ainsi identifier les individus à fort taux d'agressivité. Un groupe de jeunes gens qui semblent posséder des pouvoirs hors du commun paraît être mis en danger par cette éventualité. On pense aux X Men ou encore à Cyberforce, on imagine des mutants ou autres super héros... mais malheureusement, on reste sur sa fin. Quel secret cachent ces quatre personnages ? Qu'est-ce que ce "groupe" qui les réunit ? Quel est ce prisme que June a perdu ? Quel secret se cache derrière leur ADN ? Le format album cartonné, même s'il permet de profiter au mieux du dessin particulièrement soigné et riche en détail de Zerriouh (pas une seule case faible ou de passage à vide comme on en trouve malheureusement trop souvent), et du travail étonnant sur la couleur (on en prend plein les yeux), n'est finalement pas un format idéal. En effet, ce type de bande dessinée trouverait tout à fait sa place dans un format "comics" avec une périodicité plus accrue. Car combien de temps va-t-il falloir encore attendre pour connaître la suite et pouvoir vraiment juger de la tenue du scénario ? |