Zone of the Enders 2
Playstation 2
[Konami]
On connaît surtout Hideo Kojima comme étant le génial réalisateur de deux épisodes de "Metal Gear Solid", cette saga grandiloquente d'espionnage et d'infiltration dont la réputation a maintenant dépassé le monde des jeux vidéo. On le connaît par contre beaucoup moins pour son autre série, "Zone of the Enders", sorte de croisement entre shoot'em up 3D futuriste ultra rapide et simulation/pilotage de mechas (ces robots japonais au design "léché"). En effet, malgré une impressionnante réalisation technique, le premier épisode (sorti il y a deux ans) pêchait par son manque d'intérêt et son scénario pauvre, et n'avait finalement pas convaincu grand monde.
Pour cette suite sous-titrée "The 2nd Runner", Hideo Kojima a visiblement décidé de combler les lacunes du premier essai : exit les ennuyeuses cinématiques en 3D, les dialogues niais et les missions répétitives, et place cette fois à un scénario plus sombre, à des dessins animés relativement bien réalisés, et surtout des graphismes 3D en cell-shading magnifiques et des effets spéciaux du plus bel effet. Ce jeu s'avère être une véritable claque visuelle et technique, et les toutes premières secondes de jeu où l'on se retrouve seul entouré de dizaines (centaines ?) d'ennemis dans un décor de glaces arctiques sont très impressionnantes. Côté gameplay, rien à dire non plus, le nombre de mouvements et d'actions réalisables est considérable et le tout s'effectue avec une déconcertante facilité, au point que piloter le robot Jehuti devient vite une véritable partie de plaisir. La difficulté, elle, est correctement dosée, les missions sont assez variées pour ne pas lasser et certains boss vous donneront quelques crampes tellement les affrontements sont longs, violents et éprouvants.
En bref, grâce à sa réalisation exceptionnelle et à son action frénétique, "Zone of the Enders 2" renvoie les adaptations vidéoludiques des meilleurs anime de mechas ("Marcross", "Gundam", "Evangelion") au placard, et mis à part une adaptation européenne une fois de plus décevante (pas de voix japonaises ni de 60Hz, quelques fautes impardonnables dans les sous-titres), voilà incontestablement un des meilleurs jeux de l'année.
Renaud Martin