Final Fantasy X-2
Playstation 2
[Square - Enix]
Les règles sont faites pour être transgressées, c'est bien connu. Alors que jusqu'ici, aucun Final Fantasy n'avait eu réellement de suite (les épisodes étant totalement indépendants les uns des autres), voilà que Square Enix en donne une au pénible Final Fantasy X sorti il y a maintenant deux ans en France sur Playstation 2. Le numéro "XI" étant utilisé pour l'épisode online sorti au japon en 2002, le "XII" étant en cours de développement, cette suite a été baptisée "X-2".
C'est ici Yuna (la fragile et timorée prêtresse que vous étiez chargé de sauver dans le précédent opus) que vous dirigez. Mais cette fois, finis les gémissements et les regards éplorés, la demoiselle s'est affirmée, porte des habits sexy et a troqué son bâton de prières pour deux revolvers tout droit empruntés à Dante (de "Devil May Cry"). Yuna s'est aussi trouvé deux copines (Rikku l'enjouée et Pain, la goth de service) avec qui elle sillonne l'univers de Spira en chantant (le jeu s'ouvre sur un sympathique concert ! ) et en changeant de tenue pour les combats. Et c'est là l'idée centrale de ce jeu : pour chaque pouvoir, les filles changent de vêtements dans des transformations spectaculaires à la "Sailormoon".
De quoi ravir les amateurs de j-pop et un certain public féminin, clairement visé ici. Pour le reste malheureusement, ce nouvel épisode conserve les principaux défauts des précédents : on n'échappe ainsi ni aux lourdeurs et autres niaiseries du scénario, ni aux cinématiques laborieuses, ni au désastre des conversions PAL bâclées (50 hertz, image tassée par des bandes noires en haut et en bas de l'écran), et si vous faites partie comme nous des nombreux déçus par l'orientation grand public que la saga de Square a pris depuis l'épisode VIII, ce Final Fantasy X-2 ne vous fera ni chaud ni froid. On préférera se rabattre sur les autres RPGs disponibles en import (on pense notamment aux excellents "Baten Kaitos" et "Tales of Symphonia" sur Nintendo Gamecube) ou patienter en attendant leurs malheureusement encore hypothétiques conversions européennes.
Renaud Martin