Yiu - Book-Four
Prie pour qu'elle meure
Téhy / Guenet / J.M. Vee
[Soleil]
Quatrième tome d'une série jusque-là en tous points exceptionnelle, "Prie pour qu'elle meure" continue dans la droite lignée des premières aventures et se permet même d'accélérer d'un cran le rythme déjà effréné qui caractérisait les premiers épisodes. 2166, Jérusalem, ville sanctuaire où se retrouvent toutes les religions, centre d'un monde dominé par le chaos et la violence. Yiu, une mercenaire solitaire accepte une mission impossible, dont seule la réussite lui permettra de sauver son frère malade. Celle qui, dans les tomes précédents, a dévoilé d'une façon spectaculaire sa combativité et ses talents monte une équipe dont la mission est cette fois-ci de détruire l'antéchrist (pas moins), et cela quelques jours avant l'éventuelle destruction totale de la planète. La violence atteint ici son paroxysme et l'on est clairement dans la démesure, à mi-chemin entre les meilleurs jeux d'infiltration et le plus sanglant des doom-like. Les auteurs, qui jusque-là jonglaient subtilement entre la mise en place d'un univers complexe aux règles parfaitement maîtrisées (les multiples religions sont décrites avec une précision impressionnante) et l'action inhérente aux missions de Yiu, bouleversent cet équilibre qui fonctionnait parfaitement bien pour nous entraîner avec ce nouvel épisode dans quelque chose de quasi apocalyptique. On baigne dans une brutalité constante, on assiste impuissant à un vrai carnage où l'omniprésence du rouge ajoute à cette tension presque étouffante. Le rythme, le découpage, tout est parfaitement cadencé pour nous aspirer dans la folie de l'aventure. Et le dessin n'est pas en reste, le personnage de Yiu est d'une violence et d'un désespoir toujours intenses, mais elle parvient en toutes circonstances à garder des atours extrêmement féminins. Si l'ambiance et le rythme de cet épisode peuvent en effrayer plus d'un, nul doute que les habitués de la série apprécieront. Aujourd'hui à 57% de sa réalisation, elle s'avère comme une des plus travaillées et des plus abouti que l'on ait lues depuis longtemps dans ce domaine.
Christophe Labussière