Transparences
Ayerdhal
[Au Diable Vauvert]
Écrivain de SF (avec entre autres "Demain une oasis" et "Étoiles mourantes"), Ayerdhal s'est toujours autorisé par le biais de la science-fiction à une relecture critique et intelligente des problèmes de société. Avec "Transparences", l'auteur nous offre cette fois-ci son premier thriller. L'intrigue se situe à Lyon, ville dont il est originaire et où se situe le siège d'Interpol, l'organisme pour lequel travaillent les protagonistes de cette histoire. Stephen est un jeune profiler originaire du Québec dont le travail l'amène à recouper entre elles des enquêtes non élucidées, et a priori sans rapport les unes avec les autres. Les dernières affaires qui ont retenu son attention semblent toutes mettre en scène une seule et même personne, une certaine Ann X. Depuis l'âge de douze ans, ce croisement entre Hannibal Lecter et Nikita tue comme on respire, et cela sans ne jamais laisser aucune trace derrière elle. Stephen mène une enquête minutieuse, tentant de résoudre un puzzle dont le nombre de pièces augmente constamment et dans lequel interviennent des intérêts apparemment considérables... Entre thriller et roman d'espionnage, on suit les investigations de cet enquêteur qui analyse et dissèque tous les indices et témoignages auxquels il est confronté avec la plus grande minutie.
Ayerdhal est précis et méticuleux, il fait preuve une fois encore d'un vrai talent de narration : alors qu'il construit l'intrigue d'une façon palpitante, il se permet de décrire les multiples lieux de l'action et les éléments secondaires d'une façon hyper réaliste, sans jamais nuire à l'histoire principale. Mais si les analyses toujours fines de Stephen sont vraiment captivantes, elles deviennent rapidement bien trop bavardes. On suit avec beaucoup d'attention l'évolution de cette histoire qui devient à chaque page un peu plus hallucinante, mais l'on doit bien admettre que la lecture est parfois éprouvante, et l'on aurait aimé que certains points soient un tant soit peu synthétisés.
On sort de la lecture de "Transparences" totalement épuisé, mais ce n'est peut-être que la conséquence logique d'une immersion totale dans un thriller de 600 pages à la construction exemplaire.
Christophe Labussière