La Malédiction de Zener
Tome 1 : Sybille
Jean-Christophe Grangé, Philippe Adamov
[Albin Michel]
Voici une nouvelle série dont le premier volume, à peine refermé, donne l'envie immédiate de lire la suite. Il faut pourtant attendre les éclaircissements et les connexions indispensables pour comprendre où le scénariste veut nous conduire. C'est en effet après un début assez lent, à la moitié de l'album environ, que tout s'emballe et que l'histoire se précise. On comprend alors pourquoi l'auteur de polars Jean-Christophe Grangé ("Les Rivières Pourpres", "L'Empire des Loups", "Le Concile de Pierre") a pris le temps de semer les graines d'une histoire captivante que l’on imagine riche, et dont on espère ne pas devoir attendre le dixième épisode pour connaître le dénouement. Sous le crayon précis de Philippe Adamov, grand habitué des séries ("L'Impératrice Rouge", "Les Eaux de Mortelune","Dayak"), Jean-Christophe Grangé nous livre un scénario d'un genre nouveau : le polar paranormal, en plein mai 1968. Il fallait oser associer les phénomènes parapsychiques au passé plutôt qu'au futur, et il faut bien avouer qu'une fois l'effet de surprise envolé, on s'étonne d'être si rapidement pris au jeu. Les pouvoirs de Sybille Thiberge sont-ils bien réels, ou ne s'agit-il que d'un leurre ou d'une farce gigantesque ? La jeune et naïve thésarde aux airs bougons n'est pourtant pas farouche pour un sou, décidée coûte que coûte à rencontrer le mystérieux professeur François Zener. Lequel professeur possède certainement les réponses à ses (nos) questions, cachées derrières des secrets encore plus grands. Philippe Adamov, qui avait un temps imaginé un Paris futuriste, post apocalyptique et déglingué sur "Les Eaux de Mortelune", nous fait aujourd'hui visiter le Paris de mai 1968, sur fond de révolte parisienne, de combines russes et de rêves hallucinés ou prémonitoires. En pleine rivalité est / ouest, l'enjeu que représente Sybille est certainement de taille. Il ne reste plus qu'à le découvrir patiemment. Heureusement, l'histoire ne fait que commencer.
Bertrand Hamonou