| Deux ans après le concert qui s'est tenu le 4 novembre 2004 au Palais de la République de Berlin (l'ancien parlement de l'Allemagne de l'Est), Einstürzende Neubauten publie son tout premier DVD live officiel. Cet enregistrement constitue tout un symbole pour le groupe, qui y voit là une parfaite illustration de son nom. La décision de détruire ce building, prise en novembre 2003, afin d'y installer le nouveau Palais de la Ville de Berlin, lui permet ainsi de jouer dans un bâtiment en sursis. La démolition, qui a officiellement débuté en février 2006, a d'une certaine façon commencé plus tôt avec la performance du groupe de Blixa Bargeld. Toujours très classe, l'homme en noir évolue parmi les kilomètres de câbles posés sur le sol et dont on ne comprend pas forcément l'utilité, tant les instruments semblent faits de bric et de broc : toute l'artillerie d'Einstürzende Neubauten est une véritable ménagerie de métal et de plastique. Le show commence avec Haus Der Luege, question de donner le ton. Assez proche du concert Parisien que le groupe avait donné à la Cigale (Paris) quelques mois après celui-ci, en introduction duquel Blixa Bargeld avait précisé le programme : "Nous allons jouer une heure de nos meilleurs morceaux, ensuite nous ferons une pause, puis nous reviendrons jouer une autre heure de nos meilleurs titres". Des hits puisés surtout dans les productions les plus récentes du catalogue du groupe : Youme & Meyou ainsi que Perpetuum Mobile du récent album du même nom, mais aussi des classiques tels que Was Ist Ist, Sabrina et les habituelles improvisations, les fameuses "rampes" chères au groupe et aux fans, desquelles est né, au hasard, le magnifique Redukt que l'on retrouve parmi les bonus. Au cours du concert, N.U Unruh s'emploie, avec beaucoup d'énergie, à faire hurler un carton en le maltraitant sur une tôle, avant de quitter la scène pour traverser le public et les alentours de la salle en traînant une ribambelle de boîtes à même le sol. Chez Einstürzende Neubauten, il n?est nul besoin d'utiliser des samplers remplis d'échantillons léchés lorsque le chanteur est capable de crier l'improbable, quand un lot de tubes en PVC de deux mètres de long sonnent bien mieux que n'importe quelle technologie ne pourra jamais le faire, et lorsqu'un bidon fait office de caisse claire désaccordée, mais finalement redoutable d'efficacité. En bonus, outre Redukt et Die Befindlichkeit des Landes, on trouve l'intégralité du concert commenté par le groupe (en anglais et en allemand, selon l'humeur), décortiquant les titres autour d'une bouteille de champagne. Ceux qui ont déjà assisté à un concert du groupe ont forcément déjà acquis ce DVD, qui s'impose comme indispensable pour tous ceux qui n'ont jamais eu cette chance. |