| Dans un futur plutôt éloigné où la planète Mars est colonisée, les "Husk" sont des robots géants humanoïdes, dédiés à la défense et la protection. Pilotés de l'intérieur par un humain dont le corps est en parfaite symbiose avec celui de la "machine", aidé par un copilote à distance, ces armures que rien ne semble arrêter sont des merveilles de technologie censées faire régner l'ordre. Jusqu'au jour où un virus de nature inconnue s'empare à la fois de la conscience du pilote et donc, du contrôle de l'armure. Sahra, jeune et jolie pilote casse-cou aux traits hérités de Björk va se voir embarquer dans une enquête qui la poussera dans ses derniers retranchements, au bout de ses propres limites. Jamais vraiment maître de ses mouvements ni de ses pensées, cette junkie un peu naïve travaillant pour les forces de l'ordre se retrouve au milieu d'une machination dont on ne connaîtra les responsables qu'à la dernière page. Initié début 2007 avec le premier tome "Monkey Brain", ce diptyque à la réalisation ultra soignée et exemplaire est aussi une réflexion sur ce qui peut arriver lorsque l'homme se prend pour Dieu, ce qui n'est pas sans rappeler le désormais classique Blade Runner. Deux ans ont passé et le deuxième tome, "Critical Mass", boucle ce cycle court, ce qui est plutôt inhabituel dans le monde de la bande dessinée. Pour ce second volume, le scénariste Louis ("Tessa Agent Intergalactique" ou encore "Kookaburra Universe") est appelé à la rescousse pour remplacer Frédéric L'Hômme : qui dit nouveau scénariste dit changement de ton, et force est de constater qu'apparaît une légère pointe d'humour qui faisait défaut sur le premier volume. Quant au dessin et à la couleur, ils restent heureusement entre les mains du maître es précision qu'est Arnaud Boudoiron. Et quelle couleur, quel dessin ! Un tel degré de perfection est tout simplement bluffant, un tel sens du détail est carrément hallucinant, tant et si bien que l'on a l'impression de voir les dessins bouger tant les mouvements sont proches des productions animées. Comme pour toute série réussie, aussi courte soit-elle, un épisode ne va pas sans l'autre, et c'est d'une traite qu'il faudra dévorer les deux tomes de "Husk". |